Vous avez trouvé le candidat parfait à l’étranger — mais entre l’EIMT, le CAQ, les seuils salariaux et le moratoire de Montréal, le chemin entre l’offre d’embauche et le premier jour de travail est semé d’obstacles réglementaires. En 2026, le cadre s’est considérablement resserré : une erreur de volet, un dossier déposé au mauvais moment ou une annonce de recrutement non conforme peut vous coûter des mois de délais — et le candidat, qui n’attendra pas. Voici ce que tout employeur québécois doit savoir avant d’embaucher un travailleur étranger, en date du 20 juillet 2026.
L’EIMT : le passage obligé pour la plupart des embauches
Sauf exemption, embaucher un travailleur étranger au Québec exige une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) favorable. Le principe : démontrer qu’aucun Canadien ou résident permanent n’était disponible pour le poste. Concrètement, cela implique un recrutement préalable documenté (affichage d’au moins quatre semaines, dont Guichet-Emplois), une demande à Service Canada (1 000 $ de frais par poste, non remboursables même en cas de refus) et, particularité québécoise, une demande parallèle au MIFI. Le travailleur devra ensuite obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) puis son permis de travail.
Le volet applicable — haut salaire ou bas salaire — dépend du salaire offert par rapport au seuil provincial, et il change tout : obligations de transport, de logement, plafond d’effectif étranger, durée d’emploi autorisée.
Seuil de 36 $/h et Montréal gelée : les pièges de l’été 2026
Depuis le 17 juillet 2026, le seuil qui départage les deux volets est passé de 34,62 $ à 36,00 $/h au Québec. Un poste offert à 35 $/h, qui relevait du volet haut salaire il y a deux semaines, bascule aujourd’hui dans le volet bas salaire — avec toutes ses contraintes.
Et c’est là que le piège se referme : la région de Montréal figure toujours sur la liste des régions où les demandes d’EIMT à bas salaire ne sont pas traitées. Autrement dit, pour un poste montréalais sous 36 $/h, la demande sera refusée de traitement, sans remboursement du temps et des frais de recrutement investis. Les employeurs ont trois options : réviser le salaire au-dessus du seuil, localiser le poste dans une région admissible, ou explorer les voies sans EIMT. La liste des régions gelées est révisée chaque trimestre — ce qui est bloqué aujourd’hui peut rouvrir demain, et inversement.
Les voies sans EIMT : souvent plus rapides, souvent ignorées
Beaucoup d’employeurs ignorent qu’il existe des dispenses d’EIMT qui peuvent réduire les délais de plusieurs mois. Trois exemples fréquents au Québec :
Expérience internationale Canada (EIC) : pour recruter un jeune professionnel français de 18 à 35 ans (cuisinier, développeur, technicien…), la catégorie Jeunes professionnels permet un permis lié à l’employeur sans EIMT, avec des délais de traitement de l’ordre de huit semaines selon les normes de service d’IRCC. À noter : les places PVT France 2026 sont épuisées, mais la catégorie Jeunes professionnels demeure fluide à ce jour.
Transfert intra-entreprise : votre groupe possède une entité à l’étranger ? Les cadres et travailleurs aux connaissances spécialisées peuvent être mutés vers l’entité québécoise sans EIMT, sous conditions strictes de lien d’entreprise et d’expérience.
La rétention par la résidence permanente : avec la réouverture du PEQ jusqu’au 31 octobre 2026, vos employés admissibles peuvent viser la résidence permanente — et vous libérer, à terme, des renouvellements d’EIMT.
Embaucher n’est que le début : la conformité vous suit
Chaque EIMT vous engage : salaire et conditions conformes à l’offre, registres à jour, obligations spécifiques au volet bas salaire. EDSC et le MIFI mènent des inspections — parfois sans préavis — et les conséquences vont des sanctions financières à l’interdiction du programme, avec publication du nom de l’entreprise. Un audit de conformité employeur avant qu’un inspecteur ne s’en charge coûte toujours moins cher qu’une non-conformité découverte trop tard. Et si votre entreprise compte 25 employés ou plus, vos obligations de francisation (Loi 96) s’ajoutent au dossier.
Sécurisez votre recrutement international
Les règles du PTET évoluent maintenant chaque trimestre : seuils salariaux, régions gelées, plafonds. L’information de cet article est à jour au 20 juillet 2026 et chaque dossier est unique — rien ici ne constitue une garantie de résultat.
Chez EKS Consultation, Eric Saie, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC no R533143), accompagne les employeurs québécois de bout en bout : stratégie EIMT ou dispense, montage du dossier, CAQ, permis de travail et conformité continue. Réservez votre consultation dès maintenant — avant que le prochain changement trimestriel ne bloque votre embauche.